“Gut Ding will Weile han.”
Il était une fois, au bord du Rhin, une terre fertile entourée de forêts profondes et de montagnes bleutées : l’Alsace.
Depuis toujours, cette région fut un passage et une rencontre. Les Celtes y posèrent leurs premiers villages, les Romains bâtirent des routes et Strasbourg, alors Argentoratum, devint une cité florissante.
Mais l’Alsace était comme une fille convoitée : tantôt allemande, tantôt française, elle changea souvent de couronne. Chaque royaume voulait la garder, car elle était riche, belle et fière. Pourtant, au fil des siècles, elle resta elle-même, fidèle à son dialecte, à ses maisons à colombages et à ses traditions.
Au XVIIᵉ siècle, elle entra dans la grande famille française, mais sans jamais oublier ses racines germaniques. Quand vint la guerre de 1870, elle fut emportée par l’Allemagne, puis rendue à la France en 1918. De nouveau arrachée pendant la Seconde Guerre mondiale, elle revint enfin à la France en 1945.
On dit alors que le cœur de l’Alsace, bien que partagé, n’a jamais cessé de battre à deux rythmes, celui de la France et celui de l’Allemagne.
Aujourd’hui, Strasbourg, sa capitale de cœur, accueille le Parlement européen : comme si l’Alsace, après avoir tant souffert des déchirements, était devenue un pont de paix entre les peuples.
Et si tu flânes dans ses villages, que tu respires l’odeur d’une tarte flambée ou que tu entends sonner les clochers au-dessus des vignes, tu comprendras que l’Alsace est plus qu’une terre : c’est une âme qui unit deux cultures et qui sourit au monde.























